La fille sans nom

Soumis par HashtagCeline le mar 14/07/2020 - 16:03

"Je me déteste moi. Oh, qu'est-ce que je me déteste ! Je ne suis qu'une fille sans nom, une esclave sans maître. Je manque de tout, même de courage et je n'ai rien. Je ne suis rien."

#MaëlleFierpied

 

Je n’ai pas fait le lien tout de suite mais c’est en travaillant sur mon article pour le blog que j’ai percuté. L’autrice m’avait déjà conquise avec son très joli roman illustré par Julie Guilhem au titre poétique J’ai suivi un nuage (EDL, 2018). On y suivait la vie quotidienne d’un petit garçon auprès d’une maman pas comme les autres, plongée dans son propre monde.

Ici, Camille, l'héroïne, va aussi déconnecter de sa réalité et faire un voyage extraordinaire, perdre la mémoire pour enfin retrouver sa véritable identité.

Un texte dense et captivant qui m’a vraiment emmenée loin, très loin. 

 

#RésumonsUnPeu

 

Camille en a assez. Ses parents l’étouffent à toujours la surveiller. Alors cette nuit, elle a décidé de partir. Il le fallait.

Alors qu’elle s’enfonce dans la ville, elle arrive au bord du fleuve. Une péniche arrive, dans la pénombre, émergeant du brouillard. Deux hommes en jaillissent bruyamment et amarrent l'embarcation. Ils déposent un chevalet à l’entrée avant de s’en aller. Mi-effrayée, mi-intriguée, Camille s’approche.

Une annonce est affichée:

“Recherche garçon à tout faire

Contre gîte et couvert.

S’adresser directement au mage Hélix

A l’intérieur de cette péniche.”

Camille n’est pas un garçon, Camille ne cherche pas de travail, Camille ne sait pas qui est ce mage Hélix mais Camille va quand même y aller.

Ce qui l’attend est au-delà de ce tout qu’elle aurait pu imaginer. En entrant dans cette péniche, elle qui voulait s’enfuir pour plus de liberté va se retrouver captive.

Le mage Hélix va enfermer dans un bocal sa mémoire et son prénom. Camille ne sait plus rien de sa vie. Elle ne sait plus qui elle est. 

Elle est désormais la fille sans nom.

 

#QuiEsTuCamille?

 

J’ai débuté cette lecture sur un coup de tête. Ce roman était dans ma bibliothèque depuis un certain temps. Pourtant, la couverture d’Antoine Doré, splendide, brillante et très travaillée, m’avait déjà maintes fois attirée. J’ai en plus la chance d’avoir un exemplaire personnalisé d'un dessin de l’illustrateur.

Mais je l’avais laissé de côté jusqu’à présent. 

Toujours est-il que là, comme ça, j’avais envie de changer d’univers, de partir en terrain moins balisé, dans un genre qui n’est pas celui vers lequel je penche en premier. Un peu comme Camille, la fugueuse.

Et cet élan spontané aura été une des meilleures choses qui me sera arrivée ces derniers temps, côté lecture. 

Après avoir eu une période où j'enchaînais rapidement les romans, là, celui-ci, j’ai mis plus de temps à le lire. Il m’aura fallu près d’une semaine pour le terminer. Pas parce que je m’y ennuyais mais parce qu’il y avait une certaine densité, une richesse dans l’écriture qui me faisait prendre le temps au lieu de me presser.

L’écriture de Maëlle Fierpied est très soignée, chaque mot bien choisi et le vocabulaire recherché. C’est très agréable et aussi très stimulant.

Côté intrigue et aventure, j’ai vraiment aussi apprécié. C’est un subtil mélange de bien et de mal, de noir et de blanc. Rien n’est tranché et on joue sur deux tableaux tout du long. L’héroïne elle-même représente à elle seule cette dualité : humanité/animalité, Terre/Ether, réalité/magie, sensibilité/violence… Camille est un personnage complexe et passionnant. 

C’est une grande quête, un combat aussi bien personnel que collectif. Camille va avancer, découvrir qui elle est, d’où elle vient en se battant pour une cause plus grande.

Et puis il y a des personnages très forts dans ce récit, notamment, Safre et Margoule, les deux Dogrons qui sont deux créatures très touchantes. Nées d’une croisement ogre et dragon, ils ne sont pas les monstres que leur apparence laisse imaginer. Leur présence est essentielle dans ce texte. Ils sont un soutien pour Camille, dès le départ.

Il y a aussi Eliphas, qui apporte un peu de légèreté. Désinvolte et débrouillard, il est aussi un sacré allié. 

Et puis il y a Vaishali, le femme du miroir, Jolo, l'homme-corbeau et puis Siyah, la panthère…

Mais je ne vais pas tout vous dévoiler.

La fille sans nom est une formidable aventure en équilibre sur un fil qui pourtant bascule parfois dans l’ombre et à d'autres moments dans la lumière. La magie y tient une grande place. A travers le combat des mages et des sorciers, on découvre un monde parallèle époustouflant, Ether, où la violence est aussi présente que sur Terre. 

Camille est une héroïne très étonnante et son histoire l’est toute autant.

La magie de ce roman, sans l’utilisation d’aucune rune, a vraiment opéré sur moi.

C’est une très belle surprise pour ce roman et un coup de coeur inattendu.

 

 

#PourQui?

 

Pour ceux et celles qui aiment la magie.

Pour ceux et celles qui aiment les quêtes.

Pour ceux et celles qui rêvent de partir à l'aventure.

Pour tous et toutes à partir de 14 ans.

 

Dessin
La fille sans nom
Illustrateur
Collection
Public
Date de sortie
Nombre de pages
512
Prix
19.00 €
Langue
Français

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