Pablo dans les bois

Pablo dans les bois
Pablo dans les bois

“Ce mot de ma mère m’émeut plus qu’il ne le devrait.

C’est l’écriture manuscrite peut-être.

Et le moment.

Le mot ment.

Ma mère me ment.

Ma mère me manque.”

#LaTêteÀPablo

Voici un texte assez étonnant et déroutant tout comme le sont les personnages que vous allez y croiser. Tous et toutes ont un petit grain de folie (au sens propre comme au figuré) qui donne à ce roman poétique à la fois drôle et douloureux une saveur particulière.

Si je qualifie ce texte de drôle et douloureux, c’est parce qu’il entremêle habilement les deux adjectifs. Myren Duval parvient à aborder des sujets importants, difficiles et variés : la maladie mentale, la séparation, le poids de la famille, la grossophobie, l’homoparentalité… 

Mais au milieu de tout ça, il y a Pablo et sa langue bien pendue et sa répartie implacable. Lui et ses jeux de mots (dont il tient dans doute le maniement redoutable de son père) enrobe la dure réalité d’une couche d’humour et de poésie. Mais bien évidemment, si cela fait sourire le lecteur, cela n’est pas sain pour Pablo qui se voile la face et se mure dans le silence, notamment avec sa mère. 

La seule chose qui lui semble évidente et facile, c’est Ada. Cette jeune fille (accessoirement fille du proviseur), avec sa rondeur et sa seule présence, l’apaise. Mais elle se dérobe un peu.

Je parle, je parle mais de quoi ça parle justement, Pablo dans les bois ?

Pour la faire courte, cela commence avec des éclats de voix dans la nuit. Les parents de Pablo se disputent et sa mère quitte la maison.

Voilà Pablo seul avec son père, fâché contre sa mère. Personne ne veut lui donner la raison de cette rupture parentale.

Son père semble un peu perturbé mais qui ne le serait pas après cela ? Alors Pablo cherche des réponses, fait le zouave en classe, trouve du réconfort auprès d’Ada… Il s’évertue à découvrir le fin mot de l’histoire.

Sa quête ne va pas être vaine mais ne va pas forcément être plus facile à gérer.

Voilà à peu près de quoi il retourne. Si Pablo est un peu perdu, tourneboulé, le texte et sa construction le sont un peu aussi. Les chapitres courts s’enchaînent, sautant parfois un peu du coq à l’âne mais sans nous perdre. Les mots aussi sont mis en scène et Pablo, tout comme son père, nous entraîne dans leur tourbillon verbal.

De fait, on navigue dans ce livre, un peu à l’aveugle, comme Pablo qui cherche à démêler toutes les embrouilles ambiantes.

Ce côté fou et flou donne de la profondeur à ce roman, tout en renforçant et appuyant son propos. Tout est maîtrisé, malgré les apparences. Myren Duval sait mener sa barque. De fait, je me suis vraiment prise à l’histoire de cette famille, de ce garçon perdu dans les bois qui trouver la sortie et un sens à sa vie. Peut-être bien que c’est déjà le cas.

C’est un coup de cœur pour ce texte qui ne ressemble à aucun autre et qui m’a beaucoup touchée.

#PourQui?

Pour celles et ceux qui aiment les personnages un peu hors du commun.

Pour celles et ceux qui aiment les récits courts mais riches en émotion.

Pour celles et ceux qui aiment les histoires de familles et d’amour un peu compliquées.

Pour tous et toutes à partir de 13-14 ans.