La course au bonheur

Pouvoir changer son physique, oublier quelque chose, se faire aimer de ses amis, réussir un examen... Ca fait rêver? Mais attention, tout se paie. "Prenez garde à vos désirs"...
#TheCostOfAllThings

 

Ce texte, très prenant, propose une réflexion intéressante sur le bonheur, la façon de le trouver mais aussi de le perdre.

Ce roman est le premier traduit de Maggie Lehrman qui avant de se lancer dans l’écriture était éditrice (aux Etats-Unis) 

#RésumonsUnPeuBeaucoup

 

L’hékamie : une science occulte, sorte de magie, qui est tombée en désuétude et dont la pratique est aujourd’hui passible d’emprisonnement.

Malgré l’interdiction, on peut encore y avoir recours mais dans le secret.
Contre de l’argent, un hékamiste pourra accéder à vos désirs : changer votre apparence physique, empêcher qu’une personne s’éloigne de vous, vous faire oublier quelque chose ou quelqu’un… Mais cela n’est pas sans conséquence. Un sort aura forcément une répercussion, physique ou psychologique, à ne pas prendre à la légère. C’est pourquoi il ne faut pas en faire usage de manière irréfléchie. 

Ari, jeune adolescente de 17 ans, a vécu deux drames dans sa vie : elle a perdu ses parents quand elle était enfant et aujourd’hui, son petit ami Win vient lui aussi de disparaître. C’est Jess sa tante qui l’a emmenée voir une hékamiste quand Ari s’est retrouvée orpheline. Aujourd’hui, Ari a fait la démarche seule : elle a choisi d’oublier Win. Sauf que ce deuxième sort va aussi avoir une très lourde conséquence : Ari, danseuse promise à une belle carrière, ne peut plus faire un pas sans trébucher. Elle ne sait plus danser. Elle va garder tout cela secret.

Pourtant, dans ses amies, Ari peut compter sur le soutien sans faille de Diana. C’est une jeune fille joyeuse et naturelle qui, malgré tout, a tendance à rester dans l'ombre d'Ari, au caractère plus affirmé. Mais depuis que cette dernière sortait avec Win, Diana, un peu délaissée, avait dû apprendre à avancer seule. Un mal pour un bien qui lui a fait prendre de l'assurance. Elle va peut-être enfin prendre son courage à deux mains et se rapprocher de Markos.

Dans le sillage de Diana et Ari, il y a Kay, une jeune fille mal dans sa peau qui a bénéficié d’un sort pour embellir son visage qu’elle jugeait disgracieux. Mais si son physique est aujourd'hui plus avantageux, au fond, rien n’a changé. Kay ne trouve pas sa place et ne se sent pas mieux intégrée. Elle tente par tous les moyens d’attirer l’attention de Diana et Ari. En vain. Alors elle aussi va encore une fois faire appel à l’hékamie et utiliser un sort lourd de conséquences.

Nous suivons également Markos, le meilleur ami de Win, qui porte le deuil et tente de tenir le choc. Pour ne rien arranger, sa famille ne lui apporte pas réellement de soutien. Sa mère et ses frères surtout le laissent souvent de côté.  Markos peine à s’affirmer et à savoir qui il est, ayant toujours l’impression de devoir faire ce qu’on attend de lui.

Autour d’eux, gravite Echo, la fille de l’hékamiste de la ville. Elle cache bien des choses et porte un lourd poids sur ses frêles épaules. 

Et enfin sur tous, plane l’ombre de Win, désormais absent de la vie des adolescents mais bien présent dans le récit. Il intervient comme narrateur pour nous raconter tout ce qui s’est passé avant sa disparition.

Tous cherchent quelque chose : le bonheur, l’apaisement, l’amour, une reconnaissance, une place, un but,… Mais avec tous ces sorts qui s’entrecroisent, tous risquent de devoir payer cher leur envie d’être heureux.
 

#MonAvis

 

La course au bonheur est un roman que j’ai pris plaisir à lire. Il m’a tenu en haleine et je l’ai presque lu d’une traite. J’avais hâte de découvrir tous les secrets, tous les sorts jetés à l’insu des personnages et de moi, pauvre lectrice. 

Mais (oui, encore un mais) au fur et à mesure, et précisément vers la fin, j’ai commencé à m’essouffler (moi ? ou le récit ?) Et le dénouement m’a légèrement laissée sur ma faim. Je m’attendais à autre chose. Pourquoi ? Je m’explique.

Il est dangereux parfois de comparer un livre à un autre… Sur la quatrième de couverture, La course au bonheur l’est (comparé) à Nous les menteurs qui est pour moi un gros gros coup de cœur. Quel suspense, quelle tension et quel final dans ce livre ! (vraiment, si vous n’avez pas lu Nous les menteurs, prenez un stylo et notez tout de suite : il faut le lire !)

Alors voilà, je partais confiante. Trop sans doute. Et fatalement, je n’ai pas eu le même ressenti qu’après avoir terminé le roman d’E.Lockhart. Cela a engendré une légère (toute légère) déception.

Et juste pour dire, je ne saisis même pas trop le pourquoi cette comparaison. A cause du drame qu’a vécu Ari ? Bon bref. Revenons à nos moutons. 

Malgré cette petite déconvenue, il n’en reste pas moins que La course au bonheur est un texte fort palpitant et pourvu de nombreuses qualités.

Par exemple,  j’ai beaucoup aimé cette incursion de l’hékamie, cette magie ancienne, qui fait (un tout petit peu) rêver mais qui en réalité est terrifiante (carrément en fait) 
Que ferions-nous si nous pouvions changer des choses aussi facilement? Ici, cela permet d’amener une dimension différente à l’histoire, de créer des tensions, et de pousser les personnages dans leurs retranchements. On est un peu perdu et tout est possible. Qui a jeté ou a été victime d’un sort ? 
C’est finement mené. Sans rendre le roman totalement fantastique, cela apporte une touche de surnaturel qui sert vraiment bien l’histoire et s’y intègre naturellement. 

Par ailleurs, les adolescents et leurs relations m’ont semblé tout à fait crédibles. Et personne ne m’a tapé sur les nerfs comme dans certains romans. Tous avaient quelque chose de touchant et j’ai réussi à me mettre dans la peau de chacun même s’ils étaient tous très différents. Beau tour de force de l’autrice.

Le fait que l’on ait une alternance des histoires de chacun des personnages, même de Win, à des moments différents, rend l’ensemble passionnant.
C’est un procédé d’écriture que j’aime beaucoup et qui rend la lecture plus dynamique, très vivante (quand c’est bien fait. C’est le cas ici)

Et enfin, on ne peut pas enlever à Maggie Lehrman sa capacité à créer le suspense. Vraiment, il y en a dans ce texte. Soyons honnêtes.

La course au bonheur n’est pas passé loin du coup de cœur et restera un bon souvenir de lecture.
 

Par contre, vraiment, trop de comparaison... peut nuire à la lecture.

Illustration La course au bonheur
Détails du livre
Editeur: 
Public: 
Date de sortie: 
14 mars 2018
Nombre de pages: 
426
Langue: 

Français

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