L'été où j'ai vu le tueur

" La lumière de la cave s'est éteinte, me plongeant dans des ténèbres épaisses et glacées. J'ai lâché ma lampe en poussant un cri."
#DoadoNoir

 

Je suis rarement déçue dans la collection Doado Noir, ni dans la collection Doado tout court d'ailleurs (cf mon article pour Même pas en rêve de Vivien Bessière). Claire Gratias, je la connais de nom mais je n'avais jamais pris le temps de lire un de ses romans.

Là, je l'ai pris, ce temps. Et le moins que l'on puisse dire, c'est qu'il ne m'en pas fallu beaucoup pour engloutir ce texte qui, grâce à un rythme entraînant et surtout grâce à un héros à l'imagination débordante, m'a vraiment changé les idées. L'été où j'ai vu le tueur est un très bon polar pour les ados.

 

#QuatrièmeDeCouv"

 

"Il ne se passe jamais rien dans son bled. Et l'été c'est encore pire, quand presque tous les copains sont partis en vacances. Alors, Hugo passe son temps à dévorer de bons gros thrillers, qui lui donnent des frissons et des nuits blanches. A force de lire ces histoires macabres, il finit par s'imaginer n'importe quoi. Mais s'il voyait juste? Parfois les cauchemars débarquent dans la vraie vie..."

 

#SerialDogKiller

 

"L'homme examine avec attention le corps qui gît à ses pieds. Il n'éprouve pas la moindre compassion. Pas l'ombre d'un remords. Il pense que cet imbécile n'a eu que ce qu'il méritait."

Ainsi débute cette histoire. Claire Gratias plante le décor dès les premières pages. 
Un crime a été commis et nous en sommes les premiers avertis... Une belle entrée en matière qui annonce le danger qui va planer tout au long de ce roman. 
Mais en même temps, dans cette atmosphère tendue, il y Hugo, le héros. Et Hugo, c'est un sacré personnage. Il est l'élément essentiel, moteur de toute la dynamique de ce roman. Car si des événements semblent effectivement étranges, le jeune homme a un don certain pour se faire "des films" toujours noirs et effrayants. Et tous les romans d'épouvante qu'il lit n'y sont sans doute pas pour rien. De fait, tout ce qui lui arrive et tout ce qui se passe autour de lui prend par la vue tordue de son esprit une dimension toujours plus inquiétante.

Sa vision des choses contribue à alimenter l'intrigue et à maintenir le suspense. Qu'est-ce qui est vrai? Qu'est-ce qu'il invente?

Et du coup, on finit, comme Hugo, par devenir légèrement parano et on se met à soupçonner tout le monde. Pour ma part, le voisin, la voisine, le copain, le père et même Hugo lui-même. Tout le monde y est passé.

On s'amuse de cette manière de voir le monde comme un film d'horreur. Ses ressentis et ses coups de "flip" sont assez savoureux. Et comme Vadim, son compagnon de l'été, on a bien souvent envie de se moquer. Enfin, juste un peu... et jusqu'à un certain point. Pourquoi? Je ne vous le dis pas.

Ce roman parle aussi de l'amitié. Hugo passe du temps avec un groupe de "copains" dans lequel il est plutôt en retrait voire transparent. Il s'en rend bien compte : qu'il soit là ou pas, ça ne change pas grand chose... Du coup, quand Hugo découvre que Vadim, le garçon populaire de la bande, est lui aussi resté au village au lieu de partir en vacances, il se dit que c'est l'occasion de changer la donne. C'est peut-être le moment de faire ses preuves pour ne plus être celui que personne ne remarque. Vadim accepte de passer du temps avec lui. Il s'ennuie alors bon après tout, être seul ou avec Hugo... Et puis ce dernier, avec son imagination galopante, sait attirer la curiosité de son compagnon. Vadim n'est pas méchant mais il est blessant à plusieurs reprises. Malgré tout, Hugo persiste à vouloir l'impressionner. 

J'ai beaucoup aimé tout cet aspect du livre : la difficulté à s'imposer dans un groupe et les choses bêtes qu'on peut faire parfois pour exister aux yeux des autres... 

Mais quoi qu'il en soit, cela reste un vrai polar dans lequel vous trouverez tous les bons ingrédients avec ce qu'il faut de suspects, de crimes, de suspense, de légendes pas forcément vraies, de présence diabolique, de chiens empoisonnés et de revirements de situation.

Même si j'ai trouvé le coupable plutôt rapidement, j'avoue que j'ai quand même eu quelques moments de doute...

En tout cas, j'ai passé un très bon moment de lecture. Et puis Hugo, il m'a un peu fait penser à moi qui m'imagine toujours le pire et qui ne suis pas toujours trop rassurée seule dans le noir.

A découvrir !

#PourQui?

 

Pour ceux et celles qui aiment se faire peur.

Pour ceux et celles qui aiment les enquêtes.

Pour ceux et celles qui, comme Hugo, se font des films.
 

Pour tous et toutes à partir de 12-13 ans.

L'été où j'ai vu le tueur
Détails du livre
Collection: 
Editeur: 
Public: 
Date de sortie: 
16 janvier 2019
Prix: 
12.80€
Nombre de pages: 
208
Langue: 

Français

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