Tu reverras ton frère

Soumis par HashtagCeline le mar 06/07/2021 - 11:52

“Jules est de tous leurs rêves ; il comble le vide. A leur réveil, ça leur revient comme un coup dans le ventre, d’ailleurs, ça les cisaille.
Jules a disparu et il disparaît encore, chaque matin.
Il suffit d’ouvrir les yeux pour que la vie le leur arrache à nouveau.”
 

 

#CourtToujours

Ce n’est pas le premier titre de Séverine Vidal dans la collection Court toujours. Oui, c’est vrai, je ne vous en ai pas encore parlé de cette collection… Pourtant, l’été dernier, j’ai eu la chance de recevoir les premiers livres et je les ai tous dévorés. Et mon coeur avait déjà penché pour un texte de l'autrice : Ton héroïne. Vraiment, je vais essayer de prendre le temps d’en dire plus sur ce roman qui m’a vraiment chamboulée (histoire hyper réaliste / hantise perso profonde).
En attendant, je vous parle aujourd'hui de Tu reverras ton frère, ce nouvel opus qui en, très peu de pages (c'est le principe de la collection), nous plonge au coeur d’un drame familial terrible et émouvant.
 

#DeQuoiÇaParle?

Billie et Ava n’ont pas oublié. Elles ne peuvent pas. Ni oublier, ni vivre sans lui.
Jules… En 2011, Marylin, la belle-mère des deux jeunes filles a quitté leur père, emmenant avec elle leur demi-frère, “Tigrou”.
“Je pars. Je n’en peux plus.
Ne cherche pas à nous retrouver.
Tu ne reverras pas ton fils.”

Dix ans plus tard, l’absence est toujours aussi pesante. À moins que ce garçon, là, croisé par hasard dans la rue, ce ne soit lui?

#ImpossibleOubli

“Il y a un coucher de soleil rose flamboyant, qui rend presque jolis les trucs moches : ronds-points, zone industrielle, parkings. Ca aussi, ils y repenseraient plus tard : c’était un ciel de fin du monde, un ciel qui essayait de se faire pardonner.”

Si elle m’avait carrément angoissée avec Ton héroïne, Séverine Vidal revient ici sur un registre plus émouvant, plus sensible (elle sait faire) à travers l’histoire d’un enlèvement d’enfant. Un enlèvement particulier puisque c’est la mère qui en est responsable. 
Ce qui me surprend à chaque fois avec l’autrice ( je devrais pourtant m’habituer à force mais non), c’est l’intensité émotionnelle qui se dégage de ses textes. Il faut dire qu’elle trouve toujours les bons mots pour décrire les sentiments -quels qu’ils soient- de ses personnages et qu’elle parvient à saisir et à décrire des moments suspendus comme ceux que l’on peut vivre dans la souffrance.

“Quand elle rejoint ses filles pour le dernier bisou du soir, Ariane leur répète à chacune, sans y croire vraiment, la gorge nouée, au creux de l’oreille :
“Tu reverras ton frère.”
“Tu reverras ton frère.”
Ca fait comme un refrain pour tenir, sans musique et sans joie, loin de toute fête.”

J’ai noté de nombreux passages dans ce roman pourtant très court. Mon exemplaire du livre s’est trouvé envahi de post-its, comme souvent avec l’autrice. Lire du Séverine Vidal m’expose régulièrement à une pénurie des fameux petits papiers autocollants.
Bref.
Tout ça pour dire que ce roman m’a encore drôlement touchée. J’ai trouvé le récit très prenant avec cette alternance du présent (2021) et du passé (2011, année de la disparition). Séverine Vidal met la situation en place très rapidement. Mais malgré tout, ça s’articule bien et on a aussi vite l’impression de bien connaître les personnages. C’est tout le talent de l’autrice de nous permettre de nous représenter ses héros, leurs problèmes, leurs petites habitudes et de fait, on s’attache à eux avec beaucoup de facilité. Billie et Ava m'ont tout de suite beaucoup émue au-delà du drame qu'elles avaient vécu. 
Pour finir, j’ai trouvé assez original d’aborder la disparition sous cet angle. Comme je le disais plus haut, c’est la mère de Jules qui s’en va sans explication de façon totalement inattendue. Et c’est d’autant plus dur à accepter pour toute la famille car c’est incompréhensible. Le silence dure, l’absence est douloureuse. Et on se demande si les deux jeunes filles, aujourd’hui adultes, reverront un jour leur petit frère disparu.

Je n'en dis pas plus. Le texte est court. Pas la peine de dévoiler trop d'éléments. Ici, juste mon ressenti.

Encore un très bon titre de cette collection à part qui offre aux adolescents des histoires ancrées dans la réalité avec une touche d’originalité et ici, beaucoup d'émotion.

#PourQui?

Pour ceux et celles qui aiment les histoires de disparition.
Pour ceux et celles qui veulent lire un roman court et émouvant.
Pour ceux et celles qui aiment les histoires de famille compliquées.

Pour tous et toutes à partir de 13-14 ans.
 

#SéverineVidalEncore...

Voici d'autres titres de l'autrice (que j'aime beaucoup) dont je vous parle sur le blog : 

- Le plongeon, superbe BD illustrée par Victor L.Pinel paru dans la collection Grand Angle chez Bamboo

- Des astres paru dans la collection Exprim chez Sarbacane

- Pëppo paru chez Bayard

- Méga-Souris illustré par Barroux paru chez Mango

- Il était deux fois dans l'ouest illustré par Anne-Lise Combeaud paru dans la collection Pépix chez Sarbacane

 J'ai vu un lion ! illustré par Laurent Simon paru chez Milan

Collection
Editeur
Public
Date de sortie
Nombre de pages
64
Prix
8.00 €
Langue
Français

#VosCommentaires

#OnContinue ?

Annie au milieu Annie au milieu

"L'infirmière Sylvie de l'UAT, elle dit souvent : "Le monde est une soupe. Et toi, Annie, tu es une fourchette. C'est aussi simple que ça." Ça veut dire on va pas ensemble, le monde et moi. Velma…
#annieaumilieu, #emiliechazerand, #exprim, #sarbacane

Félix le chien
"Félix n’est pas un chien comme les autres. Il n’aboie pas, ne rapporte pas la balle, ne remue pas la queue. Félix reste un mystère."
#felixlechien, #anagomez, #blancalacasa, #nathan, #album
D.O.G D.O.G

"Cétait quoi ça?

Comme du métal qui aurait râclé le mur ?

Et des pas?

- Il y a quelqu'un?

Pas de réponse.

- C'est pas drôle ! Répondez-m...


#dog, #nathaliebernard, #fredericportalet, #thierrymagnier

Rackette-moi si tu peux
Une déclinaison pour les primaires de la collection Les Graphiques chez Gulf stream.
#rackettemoisitupeux, #lesgraphiques, #sophieadriansen, #clerpee, #gulfstream
Un bal d'enfer
"Un petit fantôme marche tout seul. Il est déjà grand pour un petit fantôme, mais la route est longue quand on est tout seul."
#unbaldender, #cecileemeraud, andreaespier, #voceverso
A(ni)mal A(ni)mal

" "Migrateurs ", "migrants", les uns oiseaux, les autres humains... presque le même mot pour désigner ces voyageurs qui se croisent et passent d'un lieu à l'autre. Les premiers filent vers le sud…
#animal, #cecilealix, #slalom

Le Journal de Gurty Tome 5 Vacances chez Tête de Fesses
"En dehors de Tête de Fesses, cette maison présentait le double inconvénient d'être habité par Donovan et Cassidy Caboufigues, des jumeaux aussi tarés l'un que l'autre."
#lejournaldegurty, #gurty, #bertrandsantini, #sarbacane, #pepix
Miss Crampon
"Se chuter, c'est bien, mais hurler, parfois, serait plus adapté. Là, j'ai envie de pousser toutes sortes de plaintes : Au secours, A l'aide, Berk, Help, Non, Aïe, mais je me chute. Au pire, ma vie…
#misscrampon, #clairecastillon, #flammarionjeunesse
Tous différents tous pareils (dossier Page des Libraires)
Parler du handicap avec humour sans tomber dans le cliché, mettre en scène la différence avec décence et sans tabou, c’est le pari réussi de Nos cœurs tordus de Séverine Vidal et Manu Causse, et…
Non !
Non ? N'est-ce pas un drôle de nom pour un chien ?
#non, #martaaltes, #circonflexe, #chien, #nom