#Bleue

Dans le monde d’Astrid et Silas, tout doit être sous contrôle. Il n’est pas permis de manifester le moindre signe de douleur ou de tristesse qui trahirait une faiblesse intolérable aux yeux de la société. Toute personne défaillante devra être oblitérée. Bienvenue dans le nouveau roman de Florence Hinckel.
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La vie de Silas a basculé à deux reprises, pour la même raison : Astrid. La première fois, c’était lors de leur rencontre. Un véritable ouragan l’a emporté et rendu fou amoureux. La deuxième, c’est quand elle est morte.

Incapable de se contrôler et complètement anéanti, Silas est rapidement pris en charge par le CEDE : Cellule d’Éradication de la Douleur Émotionnelle. Considérée comme un grand progrès scientifique pour la société, l’oblitération effectuée par le CEDE permet de faire disparaître toute forme de douleur, physique ou mentale, chez celui qui subit cette opération délicate du cerveau. Le souvenir est là, mais il ne déclenche plus aucune émotion négative. La seule trace que laisse le traumatisme est un point bleu sur le poignet. Plus un individu en affiche, plus il est respectable et respecté. En effet, considérée comme inutile, la souffrance diminue l’efficacité d’un individu et empêche une bonne socialisation.

Silas se réveille donc après son passage en CEDE. Il se souvient de sa petite amie, mais ne souffre plus de son absence. Pourtant, quelque chose subsiste. Petit à petit, sa mémoire émotionnelle refait surface. Des sursauts, des flashs… et de la tristesse. Le processus n’a apparemment pas bien fonctionné. Silas va devoir garder son secret et ses sentiments afin d’éviter une nouvelle oblitération. Mais pas pour longtemps car, à nouveau, ses certitudes sont remises en question.

Dans la seconde partie du roman, le lecteur est ramené quelques semaines avant le drame. Il revit alors les événements du point de vue d’Astrid et apprend comment elle en est arrivée au fameux jour de l’accident. Le destin des deux adolescents nous apparaît alors sous un tout nouveau jour. 

#Bleue est avant tout une belle histoire d’amour entre Silas et Astrid. Mais ce roman permet de s’interroger sur ce monde à la fois différent et proche du nôtre. Si l’on prend l’exemple du Réseau auquel chaque individu doit être en permanence connecté pour poster de nouveaux statuts, on pense tout de suite à nos réseaux sociaux actuels. Ils s’imposent déjà aujourd’hui et il est bon de s’y afficher quoi qu’il arrive, dans les bons comme les mauvais moments, repoussant toujours plus loin les frontières de l’intimité.

Dans ce monde où il faut être fort et ne pas se laisser aller, les criminels, les marginaux sont également oblitérés. Ainsi « chacun peut être heureux de sa place dans la société, car celle-ci a besoin de diversité ». Sans sentiment négatif, les individus restent à leur place, mais deviennent encore plus égoïstes car plus personne n’est sensible au malheur d’autrui. 

#Bleue est un roman prenant et saisissant. Que savons-nous de notre futur et des décisions qui seront prises face aux progrès de la science et à l’évolution de notre société ? Les émotions négatives ou positives font de nous ce que nous sommes. Aujourd’hui plus que jamais, il faut se demander ce que l’on deviendrait si nous en perdions le contrôle.


Article paru dans Page des Libraires
Illustration #bleue
Détails du livre
Editeur: 
Public: 
Date de sortie: 
29 janvier 2015
Nombre de pages: 
288
Langue: 

Français

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Commentaires

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