Et c'est comme ça qu'on a décidé de tuer mon oncle

"Je ne suis pas un menteur. Même que j'ai dix millions de dollars, pour de vrai. En plus, elle m'a jeté le sel dessus, dit-il en désignant une bosse violacée sur son front. Et elle a dit qu'elle me pousserait par-dessus bord si je la dénonçais !"
#EtC'EstCommeÇa...

 

Avec un titre pareil, il était clairement impossible que je passe à côté de ce roman. 

Franchement, c'est intrigant non?

Ce livre m'a permis de lire pour la première fois une parution des éditions Monsieur Toussaint Louverture (dont j'ai entendu tant de bien). 
L'éditeur ne s'était pas encore aventuré sur le terrain de la littérature jeunesse. C'est chose faite.

Et c'est comme ça qu'on a décidé de tuer mon oncle (qui a pour titre original et génial Let's kill Uncle) inaugure la collection "Monsieur Toussaint Laventure" à destination d'un public plus jeune mais averti. Ce texte de Rohan O'Grady (pseudonyme d'une autrice canadienne née en 1922) met en scène deux enfants turbulents (le mot est faible, vous verrez) contre un oncle démoniaque (le mot est juste, vous verrez aussi).
C'est tout à fait inattendu ! Mais, de façon tout aussi surprenante, je suis sûre que vous en redemanderez...

 

#RésumonsUnPeu

 

Il ne se passe pas grand chose sur cette petite île au large de la Colombie Britannique. Depuis la guerre (la deuxième), la vie est plutôt calme. 
C'est le début de l'été et deux enfants doivent arriver, seuls, par le prochain bateau. 
Des enfants ! Cela fait bien longtemps qu'il n'y en a pas eu dans le coin. 
Un garçon et une fille ! Cela va amener un peu de vie. 
Oui, mais Barnaby et Christie sont des enfants...comment dire... Remuants? Agités ? Insupportables ? Ou les trois à la fois... Barnaby a un tempérament excessif, Christie a un sacré caractère et les deux réunis forment un duo explosif. Et forcément, ils se chamaillent beaucoup.

Bien vite, ils vont semer la zizanie dans cet endroit si tranquille et multiplier les bêtises, petites et grosses.

Mais tout aussi vite, les deux trublions deviennent inséparables. Ils vont surtout se trouver un projet commun qui leur occupe l'esprit tout en les terrifiant, eux, les deux terreurs : tuer l'oncle de Barnaby avant que celui-ci ne le fasse...

Pourquoi cet oncle est-il aussi méchant, me demanderez-vous? L'héritage de 10 millions de dollars qui lui reviendrait si son neveu bien-aimé venait à trépasser n'y est sans doute pas pour rien dans cette obstination morbide. Quoique... il n'y a peut-être pas que ça. 

Vous trouvez que cette histoire n'a ni queue ni tête? Attendez de voir, je ne vous ai pas tout dit... Ce livre vous réserve bien d'autres surprises, bonnes et terribles...

 

#TueraBienQuiTueraLeDernier

 

Ce roman est très déconcertant mais à la fois fort réjouissant.
SI je dis déconcertant, c'est qu'il m'a posé pas de mal de questions aussi bien sur le plan moral que sur le fond. 
Bon, déjà, une histoire d'enfants qui échafaudent des plans pour tuer un adulte, c'est discutable. Mais bon, en même temps, vu la personnalité très effrayante qu'ils cherchent à éliminer, cela trouve une forme d'explication...
Ensuite, je n'ai pas vraiment réussi à me situer dans le temps avec ce texte. Je ne suis pas hyper douée en histoire mais en fonction de certains indices temporels donnés au fil du récit, j'ai eu un mal fou à me repérer. Je ne m'étais pas particulièrement penchée sur la biographie de l'autrice avant lecture et je n'avais lu aucun résumé. Je ne savais pas trop à quelle époque ce texte avait été écrit et me figurait qu'il était plus récent, bizarrement. Bref... 
Sur cette île, le temps semble s'être arrêté. Certains personnages comme le sergent Albert Coulster, les Brooks ou encore même les enfants semblent tout droit sortis d'une époque bien plus ancienne que la leur, les années 1950. Mais sur d'autres aspects, j'ai trouvé ça très actuel ! C'est assez contradictoire mais cela m'a déstabilisée tout du long.

Parce que c'est bien ça qui ressort de ce roman. On perd ses repères.

Et c'est comme ça qu'on a décidé de tuer mon oncle est tout en ambivalence, jouant sur des oppositions permanentes. 

  • Le lieu de l'action regorge de beautés mais recèle aussi bien des endroits sinistres (comme la plage de la mort...).
  • Certains personnages (la dame aux chèvres, les Brooks, "ce pauvre Desmond") sont d'une extrême gentillesse quand d'autres sont vraiment horribles (l'oncle en tout premier lieu ou Monsieur Duncan, le propriétaire du Duc de Wellington, le taureau). La bonté et la naïveté de certains permettent de contrebalancer la méchanceté et la cruauté des autres. 
  • Il y a ce côté moderne et à la fois très classique. 
  • Les deux héros sont touchants et exaspérants. 
  • Certains moments de grâce quand les enfants jouent dans la nature rendent encore plus intenses ces moments où la violence refait surface. C'est parfois très dur. 

Sans cesse, ce rapport entre le bien et le mal nous met dans un drôle d'état car on ne sait jamais à quoi s'attendre. Va t-on finalement basculer du côté obscur?

A noter aussi : ce roman, s'il met en scène des enfants, laisse aussi une place très importante aux adultes. Albert Coulster est l'un des personnages principaux de ce roman, plus encore que l'oncle qui n'apparaît qu'à la moitié, ou presque, du livre. C'est dans un monde exclusivement d'adultes que nous sommes plongés puisque Barnaby et Christie sont les seuls représentants de leur âge.

Enfin, en attendant de connaître l'issue de cette sombre histoire, c'est un véritable ascenseur émotionnel. Ainsi, on s'amuse des bêtises des enfants. Et puis, on tremble face aux plans machiavéliques de l'oncle. On retrouve à nouveau le sourire en suivant les mésaventures amoureuses d'Albert Coulster pour recommencer à s'inquièter de la présence d'Une-Oreille, ce cougar mal au point dont on se prend tout de même d'affection. Et puis, tiens, on retrouve son calme en compagnie de la dame aux chèvres chez qui on irait bien manger un bon petit plat ou encore (si, si!) quand les deux "bons petits diables" vont entretenir le cimetière de l'île. Puis, le chapitre d'après, on recommence à se faire un sang d'encre en présence du terrible oncle.

Bref, on ne s'ennuie pas un seul instant car il s'en passe des choses par ici... Et on ne cesse de se demander comment tout cela va finir. Mal sans aucun doute. 

Moi, ce roman m'a beaucoup plu. J'ai vraiment aimé cette histoire qui contient tous les bons ingrédients d'une véritable aventure qui ne joue pas dans la demi-mesure. Un texte original et singulier que je vous invite à découvrir.

 

 

#PourQui?

 

Pour ceux et celles qui aiment les histoires de famille compliquées (ici, elle l'est particulièrement)
Pour ceux et celles qui aiment les personnages incorrigibles.
Pour ceux et celles qui aiment les romans noirs mais drôles.

Pour tous et toutes à partir de13-14 ans.
 

Et c'est comme ça qu'on a décidé de tuer mon oncle
Détails du livre
Auteur: 
Public: 
Date de sortie: 
20 juin 2019
Prix: 
17.50€
Nombre de pages: 
304
Langue: 

Français

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