Le test

"Quand je les rouvrirai, mes yeux liront mon destin. Dans moins de trois minutes, il s'affichera à la verticale."
#SophieAdriansen

 

Avec l’expérience de ce que j’avais déjà lu de l’autrice, j’étais à peu près sûre que j’allais aimer Le test paru chez Magnard. J’aime beaucoup sa façon d’écrire, toujours très juste et sensible. Si j’avais quelques doutes, c’était concernant l’originalité du sujet et son traitement, tout en étant quand même très attirée (si c'est pas totalement contradictoire ça...)

Bref.

J’ai lu ce livre à une vitesse folle. Mes doutes ? Balayés. Sophie Adriansen a su aborder le thème de la grossesse adolescente de façon authentique et différente de ce que je m’étais imaginée. 

 

#QuatrièmeDeCouv'

 

"Je tourne le robinet et je fais couler l’eau pour le bain. Je programme mon téléphone pour qu’il sonne dans huit minutes. J’ai besoin de huit minutes pour enregistrer ce que je viens de voir.

Je disparais sous l’eau.

Deux barres.

Comme deux personnes dans ce corps.

Brusque bifurcation à gauche. Il fallait bien que ça m'arrive.

Je suis gauchère.

Et je suis enceinte. "

Madeleine, seize ans, doit faire face et prendre une décision.

Mais comment, et laquelle ?

Et Ulysse qui était si amoureux d'elle…”

 

#LeGrandBleu

 

Avez-vous eu ce livre en main? L’avez-vous feuilleté? Déjà, il se passe quelque chose rien qu’au premier contact.

Je trouve la couverture très réussie. Très belle, intrigante et parlante, connaissant le sujet du livre, je l’ai trouvée parfaite. Ensuite, en feuilletant un peu les pages, il apparaît à certains moments des pages bleues. Pourquoi? On le découvre bien vite.

J’aime cet effet de pages de couleurs. Je trouve ça beau et immersif. J’avais déjà trouvé cela judicieux dans un autre roman, Titan noir de Florence Aubry paru au Rouergue, où là, certaines pages étaient noires.

C’est peut-être un détail pour certains mais moi, cela joue toujours un rôle sur mon impression de lecture.

Voilà. Un livre qui m'attire, une thématique que j’ai envie de voir développée mais quelques appréhensions. 

Et puis, je commence et je fais la connaissance de Madeleine, l’héroïne, une jeune fille à la vie apparemment parfaite : riche, vivant dans une maison luxueuse et amoureuse. Oui, mais voilà, derrière le rêve, la réalité et le destin décident de lui jouer un drôle de tour.

Madeleine tombe enceinte lors de sa première fois. Alors, dans ce monde sans nuage, elle ne va trouver personne à qui se raccrocher, même pas le père de son futur enfant. 

Sophie Adriansen m’a vraiment bluffée. Je sais qu’elle a écrit beaucoup de romans sur la grossesse et la maternité à l’âge adulte même si je ne les ai pas encore lus. C'est un sujet qu'elle connaît. Ici, elle a su l'adapter, le transposer à ce moment si délicat qu'est l’adolescence. Elle aurait pu choisir de le faire de façon édulcorée. Pas du tout ! Elle parle de tout, de manière claire et précise, à grands renforts de détails. On vit la situation avec Madeleine. On se pose les questions en même temps qu’elle. Et cette franchise fait du bien.

Etre mère oui, mais à cet âge? Quelle décision prendre qui ne sera pas un regret, un remord et peut-être une erreur ou l'inverse ? Comment savoir ? 

Madeleine va devoir avancer seule sur le chemin de la réflexion. Elle va grandir, se poser des questions. Le choix va s’imposer. 

Le récit est construit de façon intéressante alternant les débuts de l’histoire d’amour entre Madeleine et Ulysse, le présent et ces fameuses pages bleues qui marquent les moments de réflexion de la jeune fille lors de ses séances de plongée. C’est sa passion, ce sont des moments où elle peut réfléchir, mettre tout à distance, se mettre dans une bulle, se protéger. Ce sont des très beaux passages où Madeleine s’interroge sur ce bouleversement à la fois physique et psychologique qu’est la grossesse.

Sophie Adriansen ne porte pas de jugement, elle accompagne. Elle informe même sans être accablante ou moralisatrice. 

Ce qui arrive à Madeleine peut arriver à d’autres. Et avoir en tête quelques pistes pour y voir plus clair et ne pas perdre pied est essentiel. 

Avec simplicité et sincérité, Sophie Adriansen nous plonge (c’est le mot) au coeur d’une situation à la fois "banale" et très compliquée : cela arrive plus souvent qu’on ne le pense mais cela reste, quoi qu'il arrive, toujours difficile à gérer. 

Ce roman mérite vraiment d’être lu, que l’on soit adolescent ou parent d’adolescent, car au-delà du fait qu’il est vraiment très bien écrit et prenant, il sera aussi un excellent moyen de parler d’un sujet tabou : la grossesse adolescente avec tout ce que cela implique.

 

#PourQui?

 

Pour ceux et celles qui se posent des questions sur la sexualité et la grossesse.

Pour ceux et celles qui aiment les histoires d’amour.

Pour tous et toutes à partir de 14 ans.

 

#SophieAdriansenSurLeBlog

 

Voici d'autres romans ou albums de l'autrice dont j'ai eu l'occasion de parler par ici :

- La vache de la brique de lait illustré par Mayana Itoïz paru chez Frimoüsse en 2017. 

- Lise et les hirondelles paru chez Nathan en 2018

- Rackette-moi si tu peux illustré par Clerpée paru chez Gulf Stream éditeur en 2018

- Papa est en bas paru chez Nathan en 2018

 

Le test
Détails du livre
Collection: 
Public: 
Date de sortie: 
08 octobre 2019
Prix: 
14.90€
Nombre de pages: 
240
Langue: 

Français

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