Y aller

Hervé Giraud nous fait "voir du pays" en compagnie de Solal, son héros en quête d'aventures et de sensations fortes. Comme sa couverture, ce roman est complètement décalé !
#HervéGiraudSePrésente

 

« J’ai grandi dans une île, en slip comme Tarzan, mais mon héros, c’est Mowgli, définitivement. 
Je nage comme un poisson et j’ai une mémoire comme celle des moineaux.
À huit ans, je lisais Rudyard Kipling perché dans les arbres,je fumais des lianes comme les hommes, je construisais des cabanes qui faisaient peur aux loups. 
Aujourd’hui, je continue à courir pieds nus dans les cailloux et à grimper dans les cimes pour rien, juste pour le plaisir de regarder loin.
Entre les deux, j’ai vécu dans les villes, j’ai fait le tour des boulevards périphériques en moto, j’ai attendu l’heure de la sortie, j’ai traîné dans des aéroports en écrivant des livres de voyage, j’ai réparé des maisons, déchargé des camions, bricolé des moteurs, mis des fleurs dans des vases.
Il m’a fallu capturer des vipères à la main et les brandir dans la lumière, nager dans l’eau glacée des rivières, apprendre à aimer la vitesse, la musique et les chiens abandonnés couverts de pluie.
On m’a dit de faire dans la vie ce que je savais faire de mieux, je m’y emploie chaque jour : je raconte des histoires qui servent à fabriquer des livres et maintenir le monde à température.
Je tue le temps mais jamais les insectes, ni les taupes, ni les plantes. 
A-t-on besoin d’en savoir plus ? »
 

#Etonnant

 

Hervé Giraud est quelqu’un d’étonnant. Cette présentation apparaît dans les premières pages de son roman Y aller. Cela donne le ton.
Contrairement à ses derniers textes, le titre qu’il a choisi est court. Précédemment, nous avions eu droit à des intitulés bien plus développés et alambiqués comme Prends ta pelle et ton seau et va jouer dans les sables mouvants ou Histoire du garçon qui courait après son chien qui courait après sa balle

L’auteur a un style bien à lui et des histoires singulières qui captent forcément l'attention de ses lecteurs. Je sais de quoi je parle...
Y aller c’est la grande aventure pour ce héros atypique. Ca l’est aussi pour nous grâce à l’imagination et l'humour d’Hervé Giraud.
 

#RésumonsUnPeu

 

Solal est un geek. Il passe son temps sur sa console, grand fan de Zelda.

Sa situation ne le dérange pas jusqu’au jour où Laurie Duvernois, une fille de sa classe qui jusqu'ici ne lui avait pas vraiment prêté la moindre attention l'embrasse pour se remettre aussitôt à l’ignorer.

Cela perturbe Solal. Laurie finit par lui expliquer qu’elle le trouve mignon mais pas assez mature. En attendant qu'il change, elle s'est trouvée un autre petit ami : un « vieux de dix-neuf ans » qui conduit une Golf  « immatriculé[e] avec les lettres du Faucon Millénium, le vaisseau de Han Solo. »
Solal se dit qu’il pourrait être un autre garçon. Un de ceux qui, c'est ce qu'il imagine, fait rêver les filles : fort, ayant vécu des choses extraordinaires, ayant voyagé et roulé sa bosse. Mais ce n'est pas en restant derrière son écran de console qu'il va pouvoir y arriver.
Alors, c’est décidé. Il va « y aller ». Il s’équipe (beaucoup, beaucoup trop), il fait son sac puis ses adieux (pas franchement déchirants) à ses parents.

Cap sur le centre de la France, à Bruère-Allichamps plus exactement, à 261 km de chez lui. C’est là qu’il doit se rendre, il le sait, il est décidé.

Son voyage va durer dix jours. C’est court, mais en même temps, quand on n’a jamais quitté son petit confort, c'est long.

Dix jours de débrouille, de rencontres, de nuits à la belle étoile, de déconvenues et de bonnes surprises …bref c'est l'aventure !

Le périple de cet adolescent un peu déconnecté de la réalité, inconscient du danger mais terriblement motivé, devient très vite captivant et très amusant.

Que va-t-il trouver au bout du chemin?
 

#CarrémentPartante

 

Franchement, j’ai adoré ce texte. 

Comme dans l'Histoire du garçon qui courait après son chien qui courait après sa balle, on a un héros en perte de repères qui se fixe un objectif fou. 

Solal est plongé dans son monde virtuel mais n’a pas encore complètement sombré. Il est légèrement déconnecté de la réalité mais il est également plein de bonne volonté. Quoi qu’il puisse lui arriver il ne se décourage pas. Il se sert de ce que les jeux vidéo lui ont appris. Ce qui peut poser certains problèmes. Entre la réalité et le virtuel, notre héros s'y perd un peu.

Solal est naïf et il ne voit le mal nulle part, que ce soit dans ce que lui peut faire mais surtout dans ce que peuvent faire les autres. Dans certaines situations, cela crée des décalages assez drôles. Mais surtout, cette façon de prendre la vie comme elle vient, sans se poser de questions, rend Solal très très attachant et sympathique.   

Hervé Giraud est quand même vraiment doué pour nous raconter des histoires originales mettant en scène des héros plutôt inhabituels.

C'est amusant de voir le ressenti de cet ado, toujours très exalté, étonné et finalement sûr de lui alors que les situations dans lesquelles il se trouve sont, somme toute, très banales. 

C’est la grande force de ce texte je pense : ce fameux décalage.
On se moque un peu de Solal. Puis petit à petit, son innocence, sa conviction et son envie de voir des choses extraordinaires dans l’ordinaire nous poussent à réviser notre jugement.

Solal se révèle très courageux, persévérant et toujours positif. Il voit de la beauté dans un monde où la plupart du temps il n'y a rien de vraiment remarquable. C'est une force. Et c'est louable.

Cette expédition qui pouvait de prime abord prêter à sourire se révèle bien plus intéressante que prévu. C'est une véritable expérience pour Solal qui va l'amener à mieux se connaître, à grandir et même peut-être trouver l'amour...

Ce texte, road trip décalé, est une véritable bouffée d’air frais.

C'est un roman qui fait du bien et qui nous donne envie de voir le monde autrement, à la manière innocente et positive de Solal.      

On le referme avec le sourire aux lèvres et une grande envie de s'évader du quotidien. 

Si vous n'êtes pas encore entrés dans l'univers d'Hervé Giraud, je vous invite à le faire. Ca vaut vraiment le détour !

 

#PourQui?

 

Pour ceux qui aiment les jeux vidéo.

Pour ceux qui aiment l'aventure (mais pas trop) et pour ceux qui rêvent de faire de grandes choses.

Pour ceux qui aiment l'humour.

Un roman à lire à partir de 13-14 ans.

#ALaModeRoadTrip

 

J’ai lu l’un après l’autre deux romans sous forme de road trip mais dans deux genres totalement différents : Un mois à l’Ouest et Y aller

#Extraits

 

"– Bon ben... J’y vais. Je suis parti, quoi...

– Oui, bisou mon chéri (elle ne relève même pas la tête).

– Je pars pour très longtemps, maman. Peut-être pour toujours.

– Oui, mais tu reviens quand même avant demain soir, on mange chez Papi/Mamie.

Je m’en fous de Papi/Mamie."

p.12

 

"– C’est pas sympa.

– C’est ça, c’est pas sympa, mais c’est la vie, mon chéri : la Vraie Vie. Si tu veux que des filles t’embrassent, si tu veux être dans le game, il va falloir que tu sortes de ta chambre et que tu grimpes les montagnes. Pour l’instant, tu es encore un peu trop benêt.

– Bonnet ?

– Non benêt. Un peu gamin quoi. Des mecs comme toi, on secoue un arbre ou une tour d’ordi, il en tombe mille. Quand tu auras grandi et que tu auras fait des exploits, que tu seras un mec, un vrai, tu m’enverras une carte postale et on verra. OK ? Tchao... Un dernier truc, change de sweat : il pue le chacal."

p.19
 

Y aller
Détails du livre
Auteur: 
Editeur: 
Public: 
Date de sortie: 
16 mai 2018
Prix: 
12.90€
Nombre de pages: 
160
Note: 
10 / 10
Langue: 

Français

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